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  Actualités  le 23 mars 2010

            

 

 

Culture

Actes du séminaire international d’Alger : L’Emir Abdelkader et les droits de l’homme : visions d’hier et d’aujourd’hui

La commémoration du bicentenaire de la naissance de l’Emir Abdelkader, fondateur de l’Etat moderne algérien qui coïncide avec le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, offre l’opportunité de méditer sur ses positions humaines. A cet effet, le Conseil de la nation a convié des personnalités et d’éminents professeurs et chercheurs pour proposer des lectures croisées, des éclairages utiles sur la vision des droits de l’homme chez l’Emir Abdelkader, particulièrement durant la guerre menée contre l’envahisseur français, ainsi que lors des discordes communautaires et religieuses à Damas. Les actes du séminaire international d’Alger ont été consacrés à cette grande figure de notre histoire, précurseur et chantre des droits de l’homme et du droit humanitaire.

Des regards se sont donc posés sur cet aspect révélateur qu’avait l’Emir Abdelkader sur le dialogue ou la tolérance, sa perception des droits humains. Ils ne sont pas fortuits. Parce qu’ils ramènent à la réalité d’aujourd’hui marquée par des résurgences violentes de fanatisme religieux, idéologique, des phénomènes sectaires, étroits et belliqueux, de communautarisme délétère.
Comme le rappelle le message du Chef de l’Etat aux séminaristes, “l’action de l’Emir dans le domaine humanitaire est beaucoup plus importante qu’on pourrait le penser, mais bien moins connue que ses réalisations et ses prouesses politiques ou militaires. Précurseur et défenseur du droit humanitaire sur son propre territoire, l’Emir Abdelkader le fut tout autant en terre d’exil, en Syrie”. Autant dire, qu’en cette terre d’Algérie, un homme d’une exceptionnelle envergure, à la fois combattant, fin politique, poète, philosophe et homme d’Etat, avait vu le jour et pour lequel la tolérance est une vertu. Les études consignées dans les actes de ce séminaire permettent d’affiner cette vision prémonitoire des droits de l’homme dans leur conception la plus large. L’Emir Abdelkader a conceptualisé et codifié le droit du plus faible, du vaincu, du captif, du blessé de guerre, du prisonnier à une époque où la fureur guerrière, l’expansionnisme le plus brutal avaient atteint leur paroxysme.Dès 1843, il rédigea un décret qui interdisait de bafouer la dignité des prisonniers, l’usage de la torture, la mise à mort des captifs. Il s’est interposé dans les affrontements entre les communautés musulmane et chrétienne.

A ce titre, l’Emir déclare : “Ce que nous avons fait de bien envers les chrétiens, nous nous devons de le faire par fidélité à la foi musulmane et par respect des droits de l’humanité”.

Cette rencontre internationale permet de mettre en évidence la portée de la pensée de l’Emir sur une problématique qui demeure d’une extrême acuité, qui transcende les époques et les territoires, de dégager la vision philanthropique de ce chevalier de la foi, comme se plaisait à le qualifier M.C. Sahli. Il faut donc remettre en mémoire son épopée qui est liée à l’Algérie et à l’humanité pour parer aux défis des temps modernes, tels que l’avait remarqué M. Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, dans le cadre de ce colloque, qui constitue une initiative pour analyser et étudier la question des droits de l’homme, du rapprochement des peuples, le pluralisme religieux, l’humanisme dans leur perception universelle.

(El Moudjahid-Le 22.03.2010)

 

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