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Culture
Actes du séminaire international d’Alger : L’Emir
Abdelkader et les droits de l’homme : visions d’hier et
d’aujourd’hui
La
commémoration du bicentenaire de la naissance de l’Emir
Abdelkader, fondateur de l’Etat moderne algérien qui
coïncide avec le 60e anniversaire de la Déclaration
universelle des droits de l’homme, offre l’opportunité de
méditer sur ses positions humaines. A cet effet, le Conseil
de la nation a convié des personnalités et d’éminents
professeurs et chercheurs pour proposer des lectures
croisées, des éclairages utiles sur la vision des droits de
l’homme chez l’Emir Abdelkader, particulièrement durant la
guerre menée contre l’envahisseur français, ainsi que lors
des discordes communautaires et religieuses à Damas. Les
actes du séminaire international d’Alger ont été consacrés à
cette grande figure de notre histoire, précurseur et chantre
des droits de l’homme et du droit humanitaire.
Des
regards se sont donc posés sur cet aspect révélateur
qu’avait l’Emir Abdelkader sur le dialogue ou la tolérance,
sa perception des droits humains. Ils ne sont pas fortuits.
Parce qu’ils ramènent à la réalité d’aujourd’hui marquée par
des résurgences violentes de fanatisme religieux,
idéologique, des phénomènes sectaires, étroits et
belliqueux, de communautarisme délétère.
Comme le rappelle le message du Chef de l’Etat aux
séminaristes, “l’action de l’Emir dans le domaine
humanitaire est beaucoup plus importante qu’on pourrait le
penser, mais bien moins connue que ses réalisations et ses
prouesses politiques ou militaires. Précurseur et défenseur
du droit humanitaire sur son propre territoire, l’Emir
Abdelkader le fut tout autant en terre d’exil, en Syrie”.
Autant dire, qu’en cette terre d’Algérie, un homme d’une
exceptionnelle envergure, à la fois combattant, fin
politique, poète, philosophe et homme d’Etat, avait vu le
jour et pour lequel la tolérance est une vertu. Les études
consignées dans les actes de ce séminaire permettent
d’affiner cette vision prémonitoire des droits de l’homme
dans leur conception la plus large. L’Emir Abdelkader a
conceptualisé et codifié le droit du plus faible, du vaincu,
du captif, du blessé de guerre, du prisonnier à une époque
où la fureur guerrière, l’expansionnisme le plus brutal
avaient atteint leur paroxysme.Dès 1843, il rédigea un
décret qui interdisait de bafouer la dignité des
prisonniers, l’usage de la torture, la mise à mort des
captifs. Il s’est interposé dans les affrontements entre les
communautés musulmane et chrétienne.
A ce
titre, l’Emir déclare : “Ce que nous avons fait de bien
envers les chrétiens, nous nous devons de le faire par
fidélité à la foi musulmane et par respect des droits de
l’humanité”.
Cette
rencontre internationale permet de mettre en évidence la
portée de la pensée de l’Emir sur une problématique qui
demeure d’une extrême acuité, qui transcende les époques et
les territoires, de dégager la vision philanthropique de ce
chevalier de la foi, comme se plaisait à le
qualifier M.C. Sahli. Il faut donc remettre en mémoire son
épopée qui est liée à l’Algérie et à l’humanité pour parer
aux défis des temps modernes, tels que l’avait remarqué
M. Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation,
dans le cadre de ce colloque, qui constitue une initiative
pour analyser et étudier la question des droits de l’homme,
du rapprochement des peuples, le pluralisme religieux,
l’humanisme dans leur perception universelle.
(El
Moudjahid-Le 22.03.2010)
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